5 conseils pour traverser une tempête boursière

Les marchés s'agitent, vous aussi ?

Covid oblige, le S&P 500 est tombé d’un tiers en un peu plus d’un mois. Surprise supplémentaire : il est remonté à son niveau de départ dans les semaines suivantes ! Mais le futur reste incertain, et les experts ne sont pas d’accord entre eux. Il y en a qui voient l’économie repartir en “V” (c’est-à-dire en flèche, dans le prolongement de la tendance actuelle), en “U” (reprise plus graduelle) en “L” (pas de reprise à l’horizon : entrée en récession) ou même en “K” (certains secteurs iront très bien, d’autres s’écrouleront). 

Pour ne rien arranger, ces incertitudes d’ordre économique s’accompagnent d’interrogations macro-politiques, avec les élections présidentielles aux États-Unis sur fond de débat racial, la forme que prendra le Brexit et les tensions commerciales entre la Chine et le reste du monde. Du reste, l’hypothèse d’une deuxième vague de Covid-19 reste à envisager, à l’heure où certains pays pansent tout juste leurs blessures, et que d’autres sont encore en pleine crise sanitaire. 

Pour les investisseurs (dont vous ?), la grande question est alors : que faire ? 

1. Respirez

La première étape consiste à reconnaître et à affronter les émotions que provoquent les événements actuels. Nous associons le plus souvent l’argent à des calculs et des graphiques; mais en période de crise, l’argent est aussi une question de psychologie. 

En effet, quand les marchés s’affolent, ce se sont pas seulement les chiffres à l’écran qui inquiètent, tout vertigineux qu’ils sont parfois. Ce qui nous trouble en réalité, c’est l’idée de ne pas pouvoir rembourser son emprunt immobilier, de ne plus avoir assez pour payer les études des enfants ou de manquer d’argent pour la retraite. Nous entrons tous dans l’investissement avec des rêves, des objectifs de vie. Les crises nous mettent brutalement face à la perspective de ne pas les réaliser. 

Avant d’aller plus loin, prenez une minute pour respirer un grand coup. Comprenez que ce frisson qui vous réveille la nuit est naturel. Identifiez vos peurs, et mettez les de côté. Il ne s’agit pas d’être l’esclave de vos émotions pour ce qui va suivre. 

2. Souvenez-vous des raisons pour lesquels vous avez investi

Nous allons partir du principe que vous avez investi en suivant nos recommandations habituelles. Votre argent est donc investi sur des entreprises basées dans des pays différents, opérant dans des secteurs industriels distincts. Vous n’avez d’ailleurs pas que des actions en portefeuille, mais aussi des obligations, de l’immobilier et peut-être même une exposition à l’or. Vous faites attention aux frais annuels que l’on vous facture. Vous avez construit votre portefeuille de telle sort qu’il soit ni trop prudent, ni trop risqué pour vous. Vous avez défini votre objectif, et connaissez le rendement annuel moyen que vous devez viser pour l’atteindre. 

Cette liste peut faire peur, mais si votre portefeuille comprend entre 40 et 60% de fonds indiciels qui répliquent les indices boursiers majeurs, et le reste déployé dans quelques fonds obligataires, vous avez sûrement coché toutes les cases ou presque.

Dans ce cas là, donc, se souvenir de pourquoi on a investi est le meilleur réflexe. Souvenez-vous du raisonnement qui vous a fait passer le cap. Souvenez-vous de l’objectif. Vous vous étiez promis de ne pas être impulsif, de viser long terme. Vous n’étiez pas là pour faire un “quick win”, vous étiez là pour acheter cette maison dans 15 ans. 

3. Ça devrait remonter... si, si !

S’il y a bien une vérité immuable dans le monde de la finance, c’est que les marchés montent... et baissent. C’est un cycle. 

Prenez n’importe quelle période et vous verrez que des fortes variations, à la hausse comme à la baisse, ont toujours existé. Ces corrections significatives ne sont pas des accidents mais des motifs récurrents. La seule question est de savoir quand et où ils se produisent. Mais une chose est sûre : ils se produisent.

Dit autrement, un gros décrochage n’est pas synonyme de fin du monde. C’est juste la fin d’un cycle, et c’est normal.

Vous pourrez dire “oui mais cette fois-ci, c’est différent”. On parle d’une pandémie tout de même. Mais “cette fois-ci” est toujours un peu différente de la fois précédente, qu’il s’agisse de la bulle internet qui éclate, d’une crise financière déclenchée par une attaque terroriste ou d’un conflit armé. Et à ce jour, ces épisodes anxiogènes se sont toujours soldés de la même façon : ils ont eu une fin.

Ca ne veut pas dire que ce sera toujours le cas. Mais c’est du moins toujours ce qui s’est produit. Donc oui, cette fois-ci pourrait être différente. Mais probablement pas.

4. Ne bougez pas

On ne peut pas s’empêcher de penser au lion quand il y a un bruissement dans les hautes herbes de la savane. Même quand le guide nous dit que ce sont des gazelles. Mais vous n’échapperez pas aux lions en courant. Cela ne marche pas non plus face à des marchés inquiétants. Ce qui marche, c’est d’avoir un plan.

Tant que vos objectifs ne changent pas, rester fidèle à votre plan d’investissement continue d’être la meilleure façon de les atteindre. Si votre horizon de placement est dans 5 ans, ne bougez pas. Le lion rugit, la caravane passe. On ne réévalue ses investissements que quand on change d’objectifs, mais pas quand les marchés changent. Pour une raison simple : ils changent tout le temps.

Par opposition, démanteler ce portefeuille diversifié et mûrement réfléchi parce qu’il a perdu un peu de valeur sur papier ne maximise absolument pas vos chances d’arriver à votre but. C’est même la meilleur manière d’enregistrer vos pertes.

Ne bougez donc pas. Vous vous sentirez peut-être un peu étourdi. Mais vous saviez que ce jour finirait par arriver. Donc vous vous y êtes préparé.

5. Faites donc autre chose

“Oui, mais je ne peux pas rester assis, sans rien faire !” ET BIEN SI.

Résistez à cette envie de contrôler la situation. Résistez à votre envie de prendre les commandes. Et si ce besoin de faire quelque chose est irrésistible, trouvez une autre activité qui vous occupe.

Allez courir, attaquez vous à la pile de livres que vous avez en retard, peignez enfin le mur du garage, comme on vous le demande depuis des mois. À chaque fois que votre esprit se tourne vers les marchés, redirigez cette énergie vers un domaine où vous aurez vraiment de l’impact.


C’est la fin de cet article. Si vous espériez connaître les 5 “tricks” à faire absolument en période de crise, nous sommes navrés de vous avoir déçu. Mais la raison à cela est simple : il n’y a pas de tricks. Acceptez que les forces en mouvement vous dépassent. Tenez bon. Laissez passer la tempête. C’est frustrant, mais c’est la meilleure recommandation que nous puissions vous faire. 

Marc Tempelman

Co-fondateur de Cashbee

écrit par nos amis

Marc Tempelman

Diplômé de l’ESCP, Marc a travaillé pendant plus de 20 ans chez Bank of America Merrill Lynch, pour laquelle il a notamment co-dirigé l’activité de banque commerciale et de marchés de capitaux obligataires. Basé à Londres et à New York, et focalisé sur la clientèle institutions financières, Marc est devenu un expert du financement bancaire. Il est aussi passionné de cuisine.

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