Allemagne vs. France : le match compliqué de l'épargne individuelle

Nous aimons nous comparer aux Allemands. Nous avons poussé l'exercice.

L'Allemagne est championne d'Europe...

Les Allemands épargnent une proportion considérable de leurs revenus. Selon l’organisme Eurostat, on parle de 18%, ce qui place l'Allemagne sur la première marche du podium européen. À titre de comparaison, c'est à peu près le double de la moyenne européenne et quelques points de plus que les 14% Français, qui nous situent pourtant dans le haut du tableau. Une autre comparaison ? Nos ex-concitoyens britanniques n'épargnent eux que 6% de leurs revenus en moyenne !

...de l'argent qui dort !

Comme nous, les épargnants Allemands n’aiment pas prendre de risques et investissent donc très peu en bourse. La banque allemande DZ Bank a montré que seulement 7% de l’épargne allemande était investie en actions, avec un maigre 11% supplémentaire placé dans des fonds d’investissement. Toujours de façon très comparable avec nos habitudes, dans la mesure où la plupart des comptes à terme ne versent que des intérêts très faibles, ils laissent dormir des sommes de plus en plus importantes sur leurs comptes courants.

Sur la seule année dernière, les dépôts sur les comptes courants ont augmenté de 8,5% pour aboutir à un volume total de 1,8 trilliard d’euros. Rendez-vous compte : 1,8 TRILLIARD d'euros qui dorment. Ici chez Cashbee, ça nous donne des frissons.

Pour rappel, en France le volume de dépôts sur les comptes courants avoisine les 400 milliards d’euros, auxquels nous pouvons rajouter quelques 200 milliards qui se trouvent sur des comptes d’épargne classiques (à peine rémunérés 0,10%). Quelle que soit la façon dont ces chiffres sont analysés, la masse d’argent qui dort sur les comptes courants en Allemagne dépasse très largement celle en France, qui est pourtant déjà gigantesque.

Avantage aux Français en termes d'options de placement

Outre cette proportion, des différences notables demeurent entre l'épargne Allemande et celle à la française. La France profite en effet des deux produits phares que sont le livret A et l'assurance vie en euros ; tous deux très liquides, sécurisés et avantageux fiscalement. Ces produits offrent ainsi l’assurance d’un capital garanti et d'un rendement positif (maigre certes). On rappelle que le taux du livret A est tombé à 0,50% et que celui d'un contrat euros avoisine les 1,20%. Nos voisins outre-Rhin ne disposent pas de ces alternatives.

Ils font donc dormir leur argent sur des comptes courants non-rémunérés, c’est-à-dire sur lesquels ils ne perçoivent aucun intérêt, ou même, et de plus en plus fréquemment, sur lesquels la banque leur applique un taux d’intérêt négatif. Vous avez bien lu : l’épargne commence à rapporter moins que zéro.

La “facturation” des dépôts possible en France ?

Le phénomène des taux négatifs est une conséquence directe de la politique monétaire menée par la Banque Centrale Européenne. Cette dernière, soucieuse de relancer l’économie, pratique une stratégie d’abaissement des taux d'intérêts, ce qui doit théoriquement permettre aux entreprises d'emprunter à bas prix, et donc de stimuler la croissance.

Et cette politique n’a pas que des conséquences négatives. Mais il est vrai qu’elle a poussé certaines banques allemandes à transférer le taux négatif qui leur est appliqué à certains de leurs clients, notamment ceux qui laissent dormir des sommes importantes sur leurs comptes courants.

En France, même si certaines banques privées réfléchissent à faire de même, nous ne pensons pas que les dépôts dans les dépôts des grandes banques retail soient menacés (pour l'instant). Cette pratique aurait un impact sociétal majeur et ferait sans doute débat dans l’opinion publique, ce dont les banques n’ont pas besoin.

Il n’en reste pas moins que le nombre de solutions d’épargne sûres, liquides et rémunérées diminue, et c’est sans doute un facteur qui contribue à l’afflux d’épargnants que nous recevons chez Cashbee depuis le début de l’année.

Marc Tempelman

Co-fondateur de Cashbee

écrit par nos amis

Marc Tempelman

Diplômé de l’ESCP, Marc a travaillé pendant plus de 20 ans chez Bank of America Merrill Lynch, pour laquelle il a notamment co-dirigé l’activité de banque commerciale et de marchés de capitaux obligataires. Basé à Londres et à New York, et focalisé sur la clientèle institutions financières, Marc est devenu un expert du financement bancaire. Il est aussi passionné de cuisine.

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