Après le cygne, voici l'éléphant et la méduse noire

Il n'y a pas que l'imprévisible qui coûte cher !

Il y a des erreurs qui coûtent cher, et celles que nous commettons face aux cygnes noirs en font certainement partie. Le think tank Postnormalism propose une version améliorée du concept, et explique pourquoi il n’y a pas que l’imprévisible dont les conséquences peuvent être funestes.

Le cygne noir : le GRAND inconnu 

Si vous avez lu notre article sur les biais psychologiques, vous savez qu’un cygne noir est un événement impossible à prédire, mais dont les conséquences sont considérables.

Ce sont des risques que nous, pauvres mortels, tendons à ignorer. Soit car nous n’en avons pas encore connaissance, soit parce qu’on les estime être trop farfelus pour se produire un jour. Nassim Nicholas Taleb, auteur du livre “Black Swan” qui donne son nom au concept, explique que lorsqu’ils se produisent, les événements cygnes noirs semblent “sortir de nulle part”. 

Nous les sous-estimons aussi car, au-delà de leur nature, ce sont leurs effets qui sont inconnus. C’est la raison pour laquelle certains cygnes noirs ont des conséquences dramatiques : ils sont généralement “très sous-estimés”. Pourquoi se méfier de quelque chose qui n’a jamais eu lieu, et dont les conséquences pourraient être parfaitement insignifiantes ? 

Pourtant, ces événements finissent parfois par se produire. Les attentats du 11 septembre, à l’origine d’un quasi krach boursier et d’une guerre, en sont un des exemples les plus marquants. Et notre manque de préparation face à ces événements aberrants suffit souvent à les rendre plus catastrophiques qu'ils ne le sont déjà.

Mais ne soyez pas trop indulgents avec l’humanité : nous ignorons aussi des événements bien plus prévisibles et non moins dangereux. 

L’éléphant noir : le risque connu, mais mal reconnu

Dans la définition qu’en fait Vinay Gupta, l’éléphant noir est comme le cygne — il peut avoir des conséquences dramatiques — au détail près que, contrairement au cygne, tout le monde le connait. Impossible de le rater, comme un éléphant dans un couloir. C’est un phénomène documenté et souvent même anticipé par les experts. 

Mais malgré sa nature incontestable, le propre de l’éléphant noir est d’être ignoré, voire carrément nié par une large partie de la population. C’est le sujet gênant dont on évite de parler à table, comme un tabou si vous voulez. 

L’éléphant noir le plus évident est sans doute le réchauffement climatique. Les premières identifications publiques du problème remontent à 1965, lors d’un discours du président américain Johnson. Des milliers de preuves se sont accumulées depuis. Il y a eu le célèbre “Notre maison brûle” de Jacques Chirac en 2002 au Sommet de la Terre. Il y a eu le “How dare you” de Greta Thunberg… mais le problème ne reçoit toujours pas l’attention que ses conséquences probables justifient. Car notre aversion aux mauvaises nouvelles nous pousse à regarder ailleurs — comme quand vous évitez de regarder votre compte en banque car vous savez qu’il est dans le rouge. 

À certains égards, la crise du Covid est aussi un éléphant noir caractérisé. De nombreuses épidémies ont fait trembler certaines région du globe (Ebola, SRAS, H5N1…) ces dernières années. Bill Gates prévenait déjà en 2015, lors d’une célèbre conférence TED, que la menace majeure sur l’équilibre mondial n’était pas une guerre, mais une pandémie. Pourtant, quand le Covid-19 s’est révélé être plus sérieux qu’une “petite grippe”, personne, pas même les pays les plus riches du monde, n’était prêt. 

La méduse noire : l’inconnu qu’on croyait connaître

À l’inverse de l’éléphant que l’on ignore malgré la vaste quantité de recherche autour de lui, un risque dit de méduse noire n’est pas assez analysé. On pense qu’on le connaît bien, mais ce n’est pas le cas. Et c’est cette vanité qui nous empêche d’en anticiper correctement les conséquences. 

Une méduse noire est typiquement un phénomène du quotidien, presque insignifiant, vis-à-vis duquel on se sent “en confiance”. On sait par exemple que le réchauffement climatique réchauffe aussi les océans, et que l’augmentation de la température de l’eau favorise la prolifération d’algues et de méduses (d’où le nom). Pourtant, on ne fait pas le rapprochement entre le réchauffement climatique et le fait que des algues puissent boucher les circuits de refroidissement de centrales nucléaires proches des côtes. 

Les méduses noires sont ces événements dramatiques dont les origines ont toujours été là, sous notre nez, mais que nous n’avons pas pris le temps d’étudier correctement. Elles sont le futur que nous aurions pu prédire.

Pourquoi on vous parle de ça ?

Parce que nous avons tous des cygnes, des méduses et des éléphants dans nos vies financières. 

Nous savons tous qu’il faut se mettre à épargner, dès aujourd’hui, pour préparer nos projets futurs. Pourtant c’est le genre d’éléphant qu’on remet trop souvent au lendemain.

Nous avons tous l’impression de bien gérer notre argent, jusqu’au jour où — surprise — on se rend compte qu’on a oublié de mettre son taux d’imposition à jour, une petite méduse qui nous coûte 5000 euros. 

Tous nous avons connu ou connaîtrons ce coup dûr imprévisible, cet accident qui nous coûte une fortune, et qu’on regrettera, avec le recul, de ne pas avoir anticipé avec une épargne de précaution ou une assurance.


Raphaël Ronot

CMO de Cashbee

écrit par nos amis

Raphaël Ronot

Diplômé de SKEMA Business School, Raphaël est passé par la publicité, la radio, les startups et enfin par leboncoin en tant que responsable brand design avant d’arriver chez nous. Spécialiste de l’expérience de marque, il supervise l’ensemble de la face visible de Cashbee. Il est aussi typographe et dessinateur de caractères.

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