La chasse aux licornes

Tout le monde en veut une, mais qu'est-ce qu'une licorne au juste ?

Les start-ups sont à la mode et les “licornes” le sont encore plus. Les investisseurs se les arrachent. Les politiques en ont plein leurs discours. Et les employés de ces entreprises montantes sont parmi les plus recherchés du marché.

Alors qui sont ces “super startups” ? Et qu'ont-elles en commun ?

Commencons par les “start-ups”

Une start-up se caractérise par une croissance beaucoup plus rapide que la moyenne, autorisée par les gains de productivité que permettent la technologie qu'elle emploie. D'un point de vue plus théorique, c'est une organisation qui cherche un business model pérenne et surtout dupliquable facilement (scalable).

Pour comprendre la différence entre une startup et une entreprise plus classique, il suffit d'observer l'activité d'un ébéniste d'un côté, et d'un créateur de logiciels de l'autre.

  • Pour l'ébéniste, chaque meuble coûte du temps et une certaine quantité de matériaux à produire. S'il vend ses produits suffisamment cher, et qu'il optimise ses coûts, son modèle est rentable, mais difficilement dupliquable. Chaque unité supplémentaire de production lui coûte du temps et des matériaux.
  • De l'autre côté, un logiciel coûte surtout beaucoup de temps à produire. Mais une fois ce dernier finalisé, il est possible de le dupliquer à l'infini très simplement. Son créateur ne doit pas le réécrire à chaque fois qu'il le vend et un simple site internet suffit à le diffuser. C'est la scalabilité.

Les plus grandes startups du monde (Uber, Instagram, Airbnb, Dropbox...) ont un point en commun : elles ont toutes dupliqué leur modèle à très grande échelle grâce à la technologie. Anecdote intéressante : Instagram comptait seulement 70 employés quand ils ont atteint les 100 millions d'utilisateurs.

Mais ce n'est pas le seul point commun des startups à succès. Un autre de leurs dénominateurs communs est le besoin en capital. Pour croître vite, il faut de l'argent.

Ainsi les startups ont pris l'habitude d'organiser des levées de fonds. Concrètement, une recherche de financement en échange d'une partie de sa valorisation totale. Si une startup lève 1 million d'euros et qu'elle vend 10% de ses parts à ses investisseurs, sa valeur est alors estimée à 10 millions. Et, si elle continue à se développer, elle refera probablement la même chose quelques années plus tard, à une nouvelle valorisation plus haute...

Les licornes

Une licorne est une entreprise dont la valorisation est supérieure à un milliard. Cela ne signifie pas qu'elle a levé un milliard, mais que les investisseurs ont acheté un pourcentage de la boite à une valeur d'achat qui place l'entreprise à 1 milliard de valorisation. Prenons un exemple. Au mois de mars de cette année, Doctolib a levé 150 millions d’euros. Ce qui a fait d’elle une licorne. Mais pas à cause de l’importance de la somme. C’est parce que ces 150 millions représentaient moins de 15% de la société au moment de l’opération. Du coup, cela lui donnait une valeur théorique de plus d’un milliard d’euros.

Ces entreprises sont très rares… Il faut souvent trois ou quatre levées de fonds successives pour arriver à de tels niveaux de financement, et les critères d'obtention des fonds se durcissent à mesure que les montants augmentent. Dit autrement, si vous n'avez pas des dizaines de millions d'utilisateurs et/ou une croissance à deux chiffres dans plusieurs pays, et cela depuis plusieurs années, c'est difficile de prétendre au titre.

Deux contraintes supplémentaires s'ajoutent pour se définir comme un licorne : la société doit être récente (moins d'une douzaine d'années) et ne pas être cotée en bourse.

Les 7 licornes françaises

Selon France Digitale, la France en compte 7 : BlaBlaCar, Deezer, Doctolib, Ivalua, Meero, OVH et VeePee. C’est deux fois plus qu’il y a un an, mais bien trop peu du point de vue du gouvernement : seulement 1,8% des licornes mondiales sont Françaises. Étonnant, dans un pays qui se revendique 6ème puissance économique mondiale. Selon le rapport Tibi, parmi les 372 licornes décomptées dans le monde à mi-juillet 2019, 182 sont américaines, et 94 sont chinoises. C’est sur ce constat que le président Macron et son gouvernement ont fixé l’objectif d’en avoir 25 en 2025.

L'engouement gouvernemental pour les jeunes sociétés technologiques

Pour le gouvernement, il en va de la prospérité nationale et du rôle de la France sur l’échiquier mondial. Toujours selon le rapport Tibi, si la France est aujourd’hui l'une des grandes puissances économiques, c’est parce qu’elle a activement participé aux révolutions industrielles précédentes, au 18eme et 19eme siècle. Il s’agit de ne pas rater la quatrième révolution industrielle, et de rester dans le peloton de tête des pays qui investissent et adoptent les technologies de l’information et de la communication.

L’âge moyen des entreprises du CAC40 dépasse les 100 ans. Cela témoigne de la qualité, de l’investissement technologique et de la résilience de nos grandes entreprises. Mais il ne faudrait pas que notre économie vieillisse. L'envers du décor, c'est qu'une seule « jeune » entreprise technologique, Dassault Systèmes, a rejoint l’élite du capitalisme français, alors que le secteur technologique représente environ 30% de la capitalisation boursière de l’indice américain S&P 500 grâce à Google, Apple, Facebook, Amazon ou encore Microsoft. Des entreprises nées il y a moins de quarante ans.

Enfin et d'un point de vue plus pratique, les start-ups de façon générale, et les licornes en particulier, créent énormément d’emplois, attirent et retiennent les talents, notamment les ingénieurs, et contribuent beaucoup à l’activité économique, ne serait-ce que par les gains de productivité qu’elles engendrent.

Devenir une licorne, l'objectif de Cashbee ?

On ne dit pas non ! Mais nous sommes déjà fiers d’avoir recruté une dizaine d’employés et de voir que notre solution d’épargne digitale est adoptée tous les jours un peu plus.

Marc Tempelman

Co-fondateur de Cashbee

écrit par nos amis

Marc Tempelman

Diplômé de l’ESCP, Marc a travaillé pendant plus de 20 ans chez Bank of America Merrill Lynch, pour laquelle il a notamment co-dirigé l’activité de banque commerciale et de marchés de capitaux obligataires. Basé à Londres et à New York, et focalisé sur la clientèle institutions financières, Marc est devenu un expert du financement bancaire. Il est aussi passionné de cuisine.

Aller voir

Avez-vous essayé Cashbee ?

Cashbee est l'application d'épargne qui prend soin de vos intérêts. En 6 minutes, vous disposez d'un moyen simple de mettre votre argent au travail.

Aller sur Cashbee