La retraite à 40 ans, on FIRE

Tout plaquer et partir vivre sa meilleure vie... c'est possible ? À quelques conditions.

On a tous une bonne raison de consommer moins : prendre soin de ses économies, de sa santé, ou de la planète. Pour certains, le raisonnement va plus loin puisqu'il consiste à partir en vacances le plus tôt possible, et pour toujours ! L'idée est toute simple : supprimer ce qui n'est pas d'utilité vitale, se concentrer sur un mode de vie minimaliste pour amasser vite, et en quantité suffisante, de quoi vivre confortablement le restant de ses jours. C'est le mouvement FIRE (pour Financial Independance Retire Early)

Adopté par un nombre croissant de jeunes aux États-Unis, ce mouvement trouve sa source dans des livres tels que Your Money or Your Life écrit par Vicki Robin et Joe Dominguez. Il repose sur la règle des 4% (ou Trinity Study) qui vise à définir un pourcentage de retrait sécurisé, au dessus duquel le capital peut s'auto-régénérer indéfiniment. Formulé autrement, elle consiste à fixer le seuil à partir duquel vous devenez rentier.

Comment ça marche ?

Attention, il ne s'agit pas de devenir ermite ou d'aller vivre dans le fin fond Vercors. Non, il s'agit de ne pas dépenser plus que nécessaire à mesure que l'on gagne d'avantage. Car c'est en fait une partie du problème : ceux qui disent ne pas arriver à mettre de côté sont parfois simplement victimes de leurs impulsions dépensières. Plus on peut consommer, plus on consomme — une logique justifiée à l'époque où il fallait faire des réserves de graisse pour passer l'hiver, mais un instinct primitif qui n'est plus trop d'actualité.

Ainsi, les frugalistes ont à l'esprit de ne pas dépenser en fonction de leur salaire (ce qu'il y a à disposition), mais plutôt en fonction de leurs besoins.

Tout l'excédent de revenu, vous l'aurez deviné, est épargné. Pas ou peu de vacances, pas d'appartement luxueux, une quantité minime de divertissements et une alimentation saine sont autant de petites économies qui représentent plusieurs dizaines de milliers d'euros par an. Mises bout à bout, ces économies placées sur des fonds entre 4 et 6% peuvent constituer de quoi vivre un quart de siècle. Si si, on vous explique.

Comment faire le calcul ?

Le mouvement FIRE recommande de mettre assez de côté pour vivre 25 ans. Si vous estimez avoir besoin de 40000 euros par an, il vous faut donc amasser un million d'euros le plus vite possible.

Imaginons que vous gagniez 60000 euros par an (net). En épargnant 20K par an sur 25 ans, vous mettez déjà de côté 500 000 euros — la moitié du million. Mais c'est là que la beauté des intérêts composés entre en jeu : en plaçant cette épargne à un taux de 4%, on transforme ces 500K en 860K sur la même période de temps. Il suffit alors de se serrer un peu plus la ceinture, en épargnant par exemple 25K par an pour que le million soit atteint en 20 ans. L'autre option, un peu plus risquée, est d'essayer de placer à 6% au lieu de 4, et on arrive au million en à peu près autant de temps.

Pour les plus extrêmes, le frugalisme (du latin Frugalis, sobriété) encourage à mettre de côté non pas un tiers, mais plus de la moitié de son salaire. Un sacrifice conséquent, puisqu'il devient souvent synonyme de contrainte. Mais un cadeau pour son soi futur, puisqu'il permet de rapprocher sérieusement la date à laquelle vous aurez atteint l'indépendance financière (15 ans en moyenne).

La beauté de l'histoire, c'est qu'une fois le million atteint, les 40000 euros retirés chaque année se régénèreront (presque totalement) sur la même année, grâce au retour sur investissement de cette épargne. 960000 x 1,04 = 998000. Vous n'aurez virtuellement perdu que 2000 euros de capital.

Une bonne idée ?

Ce système a évidemment ses limites. La première (et la plus évidente) est qu'il requiert d'avoir un salaire plus élevé que la moyenne, pas ou peu d'enfants, et de ne pas devoir rembourser de prêts. En somme, il reste réservé à une certaine élite — typiquement, les jeunes célibataires de la Silicon Valley, dont les parents auraient pu assumer le coûts des études.

La seconde est qu'il exige une rigueur financière extrême, souvent très difficile à respecter. Personne n'est à l'abri d'un coup dur, et rares sont ceux qui peuvent durablement s'interdire des petits plaisirs ponctuels. Vous imaginez ne jamais partir en vacances vous ?

La troisième est qu'une fois l'heure de la retraite arrivée, le niveau de vie n'augmente pas sensiblement. Les réserves précédemment amassés ne suffisent souvent pas à "se lâcher" financièrement. Le frugalisme perdure donc après l'indépendance financière, à la différence près qu'il n'est plus nécessaire de travailler. Quand on y pense, il devient encore plus dur de ne pas dépenser après la retraite : plus de temps libre signifie plus de tentations !

Bref, si la perspective de se serrer la ceinture à vie n'est pas pour tout le monde, on ne peut que vous encourager à mettre tôt de l'argent de côté. Il est tout aussi sage d'épargner pour sa retraite que pour un voyage au tour du monde. "Qui vit sans folie n'est pas si sage qu'on croit" disait la Rochefoucauld.

Raphaël Ronot

CMO de Cashbee

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