Le capitalisme responsable à l'épreuve du feu !

La réaction des multinationales face à la crise du COVID 19 en dit long sur leurs cultures d'entreprise

La crise économique et sanitaire nous affecte tous, particuliers, indépendants, petites et grandes entreprises, mais nous n'y répondons pas tous de la même manière. Certains grands groupes ont notamment eu des réactions surprenantes, parfois en bien, parfois en mal.

La promesse d'un capitalisme responsable

Avant que le Covid 19 ne mette à l’arrêt les principales économies de ce monde, les dirigeants de certaines grandes entreprises se réclamaient déjà d’un modèle de capitalisme responsable — soucieux non plus du seul intérêt des actionnaires, mais aussi de celui des employés, de ses clients, et de la planète. 

C’est dans une situation de crise comme celle que nous vivons aujourd’hui que nous pouvons vérifier si, dans la pratique, ces belles promesses sont tenues. On découvre bien vite ceux pour qui le capitalisme responsable n’était qu’un concept marketing.

Attention : il ne s’agit pas là de faire un moratoire contre certains industriels, ni de leur faire porter la responsabilité de la situation actuelle, que personne n’aurait pu voir venir. Il est simplement intéressant d’observer la diversité de leurs réactions face à cette crise. Car il existe en gros deux camps : ceux qui cherchent à protéger leurs équipes et à aider la population, et ceux qui essayent, au mieux de préserver leurs intérêts financiers à tout prix, ou au pire : de profiter de la situation.

Commençons par les méchants

Passons en revue trois exemples à commencer par le PDG de JD Wetherspoon, une grande chaîne de pubs au Royaume-Uni. Ce dernier a fait des pieds et des mains pour retarder au maximum la fermeture des bars et restaurants du groupe, exposant ainsi plus longtemps que nécessaire son personnel et ses clients au virus. Fortement critiqué dans l'opinion publique, il a cédé à la pression quelques jours plus tard.

En Allemagne, Adidas a pris au pied de la lettre une autorisation de report des loyers à destination des entreprises en difficulté, en gelant le paiements des loyers de tous ses magasins dans le pays… pas très chic quand on sait qu’ils ont fait 4 milliards de bénéfice net en 2019. Il n’a pas fallu longtemps avant que les ministres Allemands rappellent le fabricant de vêtement sportifs à l’ordre, soulignant que la mesure n’était pas censée gonfler la trésorerie de géants industriels.

Dernier exemple. La société pharmaceutique américaine Gilead a tout fait pour sécuriser l’exclusivité sur un de leurs médicaments expérimentaux contre le Coronavirus. Cette exclusivité aurait notamment permis à ce géant de l'industrie pharmaceutique d’en fixer le prix pendant 7 ans, tout en bénéficiant de certaines aides fiscales. Accusée publiquement de faire des calculs de profitabilité morbides, la société a renoncé à sa demande d’exclusivité quelques heures avant son obtention.

Et puis, soudain, de grands gestes

Heureusement, la grande majorité des entreprises jouent le jeu de la solidarité, et souhaitent contribuer aux solutions, avant d'en tirer profit. Parmi les compagnies pharmaceutiques nous pouvons citer AbbVie, qui a volontairement renoncé à la protection de son brevet sur son médicament en cours de développement Katera qui pourrait être efficace contre le Coronavirus. Si son efficacité est avérée, ils promettent par ailleurs de le mettre sur le marché à prix coûtant.

En France, nous pouvons citer les marques de luxe Chanel et Hermès qui ont publiquement annoncé qu’ils n’allaient pas mettre au chômage partiel leurs salariés aujourd’hui désoeuvrées, alors que la loi les y autorise. Elles ont choisi de continuer de verser les pleins salaires à l'ensemble des employés pour ne pas alourdir la charge financière de l’Etat. Hermès va plus loin, en faisant un don aux Hôpitaux Publics et a décidé, comme LVMH d’ailleurs, de temporairement réaffecter plusieurs lignes de production pour fabriquer des masques et des gels hydroalcooliques. Pour financer ces initiatives, elle a réduit un peu les dividendes qu’elle verse aux actionnaires et décidé d’annuler des hausses de salaires pour ses dirigeants, afin de faire contribuer ses actionnaires et ses cadres supérieurs.

C'est dans des moments de crise comme aujourd’hui que nous voyons la réelle personnalité des grandes groupes se dessiner, et il faut reconnaître que bon nombre d’entre elles font le maximum pour contribuer directement aux solutions, à commencer par la protection de leurs employés, en matière de santé et de revenu. 

Tirons leur notre chapeau, et faisons confiance au médias et aux réseaux sociaux pour mettre les mauvais joueurs en face de leurs responsabilités. 


Marc Tempelman

Co-fondateur de Cashbee

écrit par nos amis

Marc Tempelman

Diplômé de l’ESCP, Marc a travaillé pendant plus de 20 ans chez Bank of America Merrill Lynch, pour laquelle il a notamment co-dirigé l’activité de banque commerciale et de marchés de capitaux obligataires. Basé à Londres et à New York, et focalisé sur la clientèle institutions financières, Marc est devenu un expert du financement bancaire. Il est aussi passionné de cuisine.

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