L’effet Biden sur les marchés

Ou comment les marchés réagissent aux résultats d'une élection beaucoup plus tendue que prévue.

Quand Joe Biden fut désigné candidat Démocrate aux élections présidentielles l’été dernier, les sondages le donnaient largement gagnant face à Trump. L’institut au nom évocateur de Real Clear Politics lui prédisait ainsi une avance sur Donald Trump de 7,6 points. Mieux encore : il semblait évident que les Démocrates allaient renforcer leur contrôle sur la Chambre des Représentants et gagner la majorité au Sénat. Le scénario central était donc celui d’une victoire écrasante du parti Démocrate (une “blue wave”), raflant les trois branches du gouvernement et donnant ainsi les mains libres au nouveau Président pour imposer un plan de relance économique massif.

Les investisseurs et les traders se sont donc mis à anticiper les conséquences économiques de cette version probable du futur, selon un schéma devenu très populaire et tellement consensuel qu’on lui a donné un nom : the Blue Wave Reflation Trade, qu’on pourrait traduire par “le scénario de la relance bleue”. Qui se traduit comme suit.

Des élections bien plus serrées que prévues

Bien que Joe Biden l’ait finalement emporté, il est clair que le raz-de-marée Démocrate attendu ne s’est pas produit. Les Républicains resteront d’ailleurs probablement majoritaires au Sénat, réduisant considérablement la marge de manoeuvre du nouveau président Bident, comme ce fut le cas pour Barack Obama ou Bill Clinton avant lui. La position de celui qui veut, mais que le Sénat ne laissera pas faire. (Le terme que les Américains utilisent est Lame duck, ou Canard boiteux)

C’est cette victoire en demi teinte et qui s'est faite attendre, qui bouleverse les plans des investisseurs. Car si le programme de relance massif n’est pas adopté, il n’y a alors plus, ou en tous cas beaucoup moins de raisons de s’inquiéter d’une hausse des taux et d’une remontée de l’inflation.

Une réaction immédiate sur les marchés

La réaction ne s’est pas faite attendre. Quand beaucoup d’acteurs décident en même temps que leur vision, largement partagée, doit s’ajuster à la réalité, cela donne des variations très raides. Un peu comme quand un voilier vire de bord par vent fort et que l’ensemble de l’équipage se jette de l’autre côté du navire.



Analysons par exemple le rendement de l’obligation d’état américain à 10 ans, qui s’était accru dans les semaines précédant les élections pour atteindre 0,92%. Il est tombé en moins de 24 heures sous la barre de 0,75%, reflétant la baisse significative d’une peur de l’inflation.

Mais alors comment expliquer la hausse des marchés actions ?

Ce qui peut alors paraître étonnant, c’est que malgré l’incertitude initiale sur l’identité du nouveau président, les marchés actions ont beaucoup grimpé. Ainsi le Dow Jones a pris 7% la semaine passée !



Plusieurs facteurs peuvent expliquer le phénomène.

Le plus important à nos yeux est que cette hausse a été très sélective. Ainsi la baisse des taux longs et la diminution des craintes inflationnistes ont naturellement pesé sur les cours de bourse des secteurs qui traditionnellement bénéficient d’une hausse de ces taux, comme le secteur bancaire par exemple. L’indice KBW Nasdaq Bank a perdu plus de 5%, rien que le 4 novembre.

Dans le camps des gagnants, on retrouve les fameuses FAANGs : Facebook, Apple, Amazon, Netflix et Alphabet (le parent de Google qui explique le G dans l'abréviation). Ce qui est ni plus ni moins qu’un retour à la normale de la thématique “technologie” qui dominait les débats des investisseurs avant que les élections présidentielles n’occupent le terrain.

Quelles leçons retenir ?

Le résultat serré des élections présidentielles et son impact sur les marchés nous rappellent à quel point les prédictions des instituts de sondage sont fragiles. Mais il sert aussi de leçon aux épargnants qui souhaitent placer sur le long terme.

  1. L’évolution des marchés est impossible à prédire de jour en jour, de minute en minute, même pour les meilleurs. Nous venons de vivre un scénario inattendu, qui a pris la très grande majorité des experts financiers de court. 
  2. Quand des évènements surprenants se produisent, l’épargnant individuel qui souhaite en profiter aura un temps de retard sur les pros. La diffusion de l’information et les systèmes de trading algorithmiques sont aujourd’hui tellement rapides qu’il est difficile pour un “petit porteur” de saisir un ajustement de marché brutal, y compris pour ceux qui disposeraient du temps et de l’accès à l’information nécessaires pour le faire.
  3. Les marchés peuvent évoluer de façon brutale à court terme, mais sont de nature à retrouver leurs tendances de fond sur des durées plus longues.

Pour l’épargnant averti, il est donc important de suivre l’actualité afin de se faire une opinion sur les grandes tendances. Mais il est dangereux, à notre sens, de vouloir trop anticiper ou “jouer” sur des évènements précis.

Enfin, pour celui ou celle qui a peur de l’influence de l’actualité sur ses décisions d’investissement, il reste l’alternative de la gestion pilotée. Vous confiez votre épargne à des gérants experts qui la font travailler pour vous, selon vos convictions, vos objectifs financiers et votre appétit (ou pas) pour le risque.

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Marc Tempelman

Co-fondateur de Cashbee

écrit par nos amis

Marc Tempelman

Diplômé de l’ESCP, Marc a travaillé pendant plus de 20 ans chez Bank of America Merrill Lynch, pour laquelle il a notamment co-dirigé l’activité de banque commerciale et de marchés de capitaux obligataires. Basé à Londres et à New York, et focalisé sur la clientèle institutions financières, Marc est devenu un expert du financement bancaire. Il est aussi passionné de cuisine.

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