L'investissement passif, ou le placement en kit.

Les fonds indiciels se généralisent, voici tout ce qu'il faut savoir sur le sujet.

Aux départ, les “classes d'actifs”

Pour expliquer l’investissement passif, faisons d’abord deux pas en arrière et parlons brièvement des classes d’actifs, qui ne sont ni plus ni moins les formats différents dans lesquels un épargnant peut investir. Les plus connues sont les actions, des titres qui représentent une part de la société dans laquelle on devient actionnaire, et les obligations, qui sont des titres de dette par lequel on devient prêteur d’une société. Mais il y a aussi les commodités — comme le pétrole, le zinc et le gaz naturel — les matières premières, comme l’or et l’argent, ou encore l’immobilier.

Ces différentes classes d’actifs peuvent s'échanger en bourse, sur les grandes places financières du globe, à des prix qui fluctuent et qui sont affichés en continu. On dit alors qu’elles sont côtées.

L’origine des indices

Pour observer plus simplement l’évolution des prix dans une classe d’actifs donnée, les opérateurs ont inventé les indices. Vous en connaissez sûrement plusieurs, comme le CAC40, qui regroupe les 40 plus grosses sociétés françaises, le S&P 500 qui combine les 500 plus importantes capitalisations côtées à New York ou encore le NASDAQ, le DOW JONES etc. etc.

Et comme l’inventivité des financiers n’a pas de limites, ils ont rapidement construit des fonds qui répliquent la constitution exacte de ces indices : les mêmes actions, dans les mêmes proportions.

Ainsi, par construction, ces fonds reproduisent la performance exacte de l’indice ciblé. D’où le nom : fonds indiciels. Un investisseur qui souhaite répliquer la performance du CAC40 peut alors procéder de deux façons. Soit il achète séparément les 40 valeurs qui composent cet indice lui-même (Accor, Bouygues, L’Oréal, LVMH etc.), soit il achète tout simplement ce fonds indiciel CAC40.

Cette cette seconde option qu’on appelle un investissement passif.

Miser sur un marché sans (trop) réfléchir

L'investissement passif est en quelque sorte un “pilote automatique”. Si vous n'avez pas le temps de choisir une par une vos positions, vous pouvez copier le comportement d’un ensemble de placements. La beauté du concept est qu'on peut le dupliquer à l’infini : pour reproduire le comportement de l'industrie pharmaceutique, ou des sociétés socialement responsables par exemple.

Une fois ces indices construits et sélectionnés, l’investisseur peut lâcher les commandes et son placement devient beaucoup plus facile à suivre. Du reste, son exposition au risque est légèrement réduite puisque chaque indice est par nature diversifié : c'est-à-dire qu’il comprend un grand nombre de titres, dont les fluctuations respectives se compensent et réduisent les variations trop soudaines.

L’investissement passif est aussi bon marché. Puisque le gestionnaire d'un fonds passif n’a qu’à copier l’évolution d’un indice, il peut automatiser les opérations d’achat et de vente et réduire ses coûts. Cela se reflète dans des commissions moins élevées pour les fonds indiciels que pour les fonds gérés activement.

Enfin, les fonds indiciels maintiennent des rendements tout à fait compétitifs, car sur des périodes longues, il n’y a que très peu d’investisseurs qui surperforment le marché dans lequel ils opèrent. C’est pourquoi Warren Buffet, sans doute l’un des meilleurs investisseurs au monde, recommande l’investissement passif à toute personne qui souhaite placer un peu d’argent en bourse sans être expert en la matière.

L'investissement du futur ?

C'est bien parti pour. Depuis 2010, les fonds indiciels ont raflé presque 3000 milliards de dollars d’investissements, aux dépens des fonds actifs, qui ont subi symétriquement une fuite des capitaux de plus de 2000 milliards.

Ce bouleversement est si soudain qu’il pose une question du futur de l'investissement au sens large.

D’une part, car si tout le monde se met à répliquer le marché, le marché lui même pourrait finir par s’auto-répliquer, ce qui donnerait lieu à des scénarios très imprévisibles : la machine pourrait s'emballer ou se neutraliser elle-même.

D’autre part, car l’investissement passif n’a pas d’opinion : il ne se préoccupe que de la vue d'ensemble. Ainsi, on pourrait sans le savoir financer des entreprises peu éthiques via les fonds indiciels. Et la nature même du fonds indiciel les rendrait difficiles à repérer car elles seraient fondues dans la masse des autres titres.

Au-delà des retours financiers que nous pouvons espérer de nos investissements, il est du devoir des actionnaires de surveiller les dirigeants d’entreprises en matière de gouvernance et d’impact sociétal. Si plus personne ne surveille chaque entreprise séparément, mais simplement des indices anonymes, la pression sur les dirigeants baisse. Et c’est rarement dans ce contexte qu'on fait des progrès en faveur de l’environnement, de l’égalité hommes/femmes ou encore de la réinsertion sociale.

Marc Tempelman

Co-fondateur de Cashbee

écrit par nos amis

Marc Tempelman

Diplômé de l’ESCP, Marc a travaillé pendant plus de 20 ans chez Bank of America Merrill Lynch, pour laquelle il a notamment co-dirigé l’activité de banque commerciale et de marchés de capitaux obligataires. Basé à Londres et à New York, et focalisé sur la clientèle institutions financières, Marc est devenu un expert du financement bancaire. Il est aussi passionné de cuisine.

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