Quelle forme aura la reprise ?

En V, en U, en W, ou en L ? On vous explique

Alors que le dé-confinement (partiel du moins) se rapproche, nous avons voulu détourner notre attention des problèmes qui le contraignent et tourner notre attention vers les solutions et la fameuse reprise

La reprise, quelle reprise ?

Benjamin Franklin disait qu’il n’y a que deux certitudes dans la vie : les impôts et la mort. Nous n’allons donc pas vous promettre quoi que ce soit en dehors de ces certitudes, mais poser des hypothèses plausibles. Il est plausible que l’économie mondiale – et plus particulièrement l’économie française – rebondisse nettement durant les trimestres à venir, au moins pour 2 raisons :

La première est que l’économie est naturellement cyclique. Elle répond à ce qu’on pourrait vulgairement appeler la “loi des compensations”. Une période de crise est toujours suivie - à un moment donné - par une période de croissance, et ainsi de suite. L’économie de la zone Euro a déjà beaucoup souffert, à tel point que l’économiste en chef de la BCE s’attend à une contraction de 12% du PIB. L’arrêt quasi-total de l’activité pendant de longues semaines a eu, et aura des conséquences lourdes. Mais après une chute aussi abrupte, toute forme de reprise de l’activité, même progressive, aura une impact positif.

Deuxièmement, les efforts gigantesques de soutien de l’économie des gouvernements et des banques centrales ont eu et vont continuer à avoir des effets positifs. On ne s’en rend pas forcément compte mais des dispositifs comme le chômage partiel mis en place en Espagne, en France, en Allemagne etc. sont parmi les plus généreux au monde. Et permettront à l’économie de "tenir le coup", puis de repartir plus rapidement.

Les vraies questions sont donc surtout : quand et comment cette reprise aura lieu ?

Trois (ou quatre) scénarios privilégiés

Trois lettres reviennent fréquemment : V, U et L, avec en bonus la lettre W.

Les plus optimistes misent sur une reprise en V. Nous voyons bien ce que cela implique : une chute brutale, mais une reprise de l’activité tout aussi rapide, pour revenir au niveau économique de départ et mettre le premier semestre de 2020 entre parenthèses. 

Une reprise en U est un scénario légèrement moins favorable : une chute brutale au départ, suivie d’une période de stagnation et une reprise progressive, pour ne retrouver le niveau “d’avant” qu’après un certain temps. 

Le scénario en L est le plus pessimiste, car il décrit une situation dans laquelle le dé-confinement ne nous permettrait pas de retrouver le niveau d’activité d’avant. Nous rentrons et restons pour un temps indéterminé en récession.

Enfin... le W est un scénario dans lequel nous serions obligés de nous re-confiner, pour faire face à une deuxième vague du virus, et donc de tuer dans l’œuf la reprise de l’activité économique. Ce scénario est sans doute le plus imprévisible et dangereux.

Pronostic

Nous sommes dans le camp des U, mais un U assez large. Dit autrement, nous sommes optimistes à moyen terme mais nous pensons que la reprise prendra du temps. 

Tout d’abord, parce que le dé-confinement lui-même sera progressif. En France, nous savons qu’il y aura des départements dont la réouverture totale sera plus lente. Et même si les réouvertures étaient immédiates, le monde ne reviendrait pas à son état d’avant-crise en un claquement de doigts. Il suffit de regarder ce qui se passe dans les pays qui ont de l’avance sur nous. 

En Chine par exemple, où le dé-confinement est maintenant quasi-total, la population a profité des fêtes nationales du début du mois de mai pour faire un peu de tourisme, et rendre visite à la famille. Mais les 50 millions de voyages enregistrés ce weekend font pâle figure à côté des 200 millions de l’année dernière (à la même date).

Plus proche de nous, en Italie, les grandes usines ont repris du service. Et le groupe PSA Fiat produit à nouveau 280 véhicules par jour à Sevel. Mais cela reste un tiers de moins que les 410 qu’il produisait avant la crise. Il y a deux raisons à cela 1. le respect des mesures de sécurité ralentit la production et 2. on imagine que cette production est alignée sur les prévisions de vente du groupe.

La relance est soumise au retour de la confiance

Pour revenir à la France et en prenant le tourisme comme exemple : on comprend aisément que si nous obligeons les visiteurs étrangers à se confiner pendant 14 jours à leur arrivée sur le territoire, le tourisme ne reprendra pas de sitôt. Même dans les meilleurs palaces, deux semaines dans une chambre d’hôtel à regarder le Louvre par la fenêtre ne font envie à personne. 

C’est finalement le retour de la confiance qu’il s’agit de surveiller. Et il ne se produit typiquement qu’après un certain temps. Nous voyons bien que certains parents vont garder leurs enfants à la maison « en attendant de voir » alors que les écoles auront rouvert. Il en est de même pour la consommation : ce n’est pas parce que les restaurants sont à nouveau accessibles que l’ensemble de la population va se ruer en terrasse. La méfiance règne et c’est compréhensible. Mais c’est cette même méfiance qui empêchera la consommation (et donc l’économie) de repartir vitesse grand V (vous l’avez ?). 

Marc Tempelman

Co-fondateur de Cashbee

écrit par nos amis

Marc Tempelman

Diplômé de l’ESCP, Marc a travaillé pendant plus de 20 ans chez Bank of America Merrill Lynch, pour laquelle il a notamment co-dirigé l’activité de banque commerciale et de marchés de capitaux obligataires. Basé à Londres et à New York, et focalisé sur la clientèle institutions financières, Marc est devenu un expert du financement bancaire. Il est aussi passionné de cuisine.

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