Assurance Vie : il y-a-t-il un pilote dans l'avion ?

Cashbee veut rendre l’épargne intelligente accessible à tous. Or le secteur financier foisonne de jargon technique. La “gestion pilotée”, très utile, mérite des explications !

Les contrats en Unités de Compte représentent une partie grandissante de l’assurance vie

Pour comprendre à quoi sert la gestion pilotée, et comment elle fonctionne, il faut d’abord un peu de contexte, et faire un bref retour (en quelques lignes - promis) sur l’assurance vie, dans laquelle nous avons collectivement investi 1785 milliards d’euros (fin novembre 2020).

La chute continue du rendement du contrat en Euros

L’assurance vie a pendant longtemps été le placement favori des Français. Et notamment via le fameux contrat “en euros” qui leur permettait de viser un rendement décent de plusieurs pourcents par an, tout en garantissant leur capital. Malheureusement, la rémunération du contrat en euros est en baisse constante depuis le début du siècle. De 2014 à 2019, il a chuté de 44% en 5 ans pour tomber à 1,33% en moyenne et pour 2020 nous nous attendons à un taux d’à peine 1%. Si le contrat en euro n’offre plus un rendement aussi attractif qu’avant, pas étonnant de voir les encours se réduire sur ce support. Les épargnants l’ont bien compris, dans un contexte de taux d’intérêts nuls ou même négatifs, si on souhaite faire fructifier son argent, il va falloir prendre quelques risques.




Si le contrat en euro n’offre plus un rendement aussi attractif qu’avant, pas étonnant de voir les encours se réduire sur ce support. Les épargnants l’ont bien compris, dans un contexte de taux d’intérêts nuls ou même négatifs, si on souhaite faire fructifier son argent, il va falloir prendre quelques risques.

L’intérêt grandissant pour le contrat en Unités de Compte

Et prendre des risques, l’enveloppe de l’assurance vie permet de le faire. Car aux côtés du fameux “contrat en euro” il existe le contrat “multi-support”, qui, comme son nom l’indique, peut contenir différents supports, dont les fonds en euros (à capital garanti) mais aussi les unités de compte, dont les valeurs varient en fonction de l’évolution de marché. À la différence avec le contrat en euros, le souscripteur dans un contrat assurance vie multi-support, investi en UC n’est donc pas à l’abri d’une perte d’une partie de son capital investi.

Avec le déclin de la rémunération sur les contrats en euros, les contrats en UC attirent une part grandissante des placements effectués par les Français en assurance vie. La collecte brute en UC représentait un peu plus du quart de la collecte totale en 2019. En 2020, cette proportion dépasse le tiers, avec un record au mois de mars dernier à 40%.

source : Fédération Française de l’Assurance

L’univers des unités de compte est gigantesque

Première étape : déterminer la partie du contrat multi-support investie en UC

Nous rappelons que le choix entre un contrat en euros, à capital garanti, mais au rendement faible et décroissant, et un contrat en UCt, permettant une plus grande diversité des placements, afin de viser un rendement plus élevé, mais tout en prenant le risque de perdre une partie de votre capital, n’est pas exclusif. C’est-à-dire qu’il est parfaitement possible d’allouer une partie de votre contrat multisupport à un fonds en Euros. Pour cette partie de votre épargne, le capital sera bien garanti. 

L’énorme éventail des produits d’épargne

Pour la partie que vous décidez d’allouer aux investissements en unités de compte il s’agit alors d’identifier les supports que vous souhaitez inclure dans votre contrat multi-support, parmi les milliers qui existent sur le marché aujourd’hui, et dont les caractéristiques de risque (et de rendement visé) varient fortement, d’une catégorie à l’autre :

  • des obligations (c’est-à-dire des titres de dette) d’états souverains ou d’entreprises
  • des actions, de sociétés cotées en bourse ;
  • de l’immobilier (à travers des titres sous la forme de SCPI ou OPCI par exemple)
  • des fonds diversifiés (de type SICAV)

La liste ci-dessus ne fait qu’indiquer un certain nombre d’exemples de grandes catégories d’investissements qui peuvent rentrer sous forme d’UC dans un contrat multisupport. Or il existe plus de 40 000 sociétés cotées en bourse dans le monde. Un gestionnaire de fonds comme Vanguard propose à lui seul plus de 250 fonds, investis sur tout type de classe d’actifs, différenciés par géographie, industrie, niveau de risque ou encore par thème. L’univers des possibles est très vaste, et - selon nous - impossible à évaluer dans son ensemble par une seule personne, qui plus est non spécialiste.

Comment choisir ses UC alors ? La gestion libre vs la gestion pilotée

La complexité de comprendre puis de bien choisir ses investissements à risque est bien perçue par les Français. Selon une récente étude effectuée par l’Autorité des Marchés Financiers, la moitié des épargnants n’est d’ailleurs toujours pas prête à prendre le moindre risque avec son épargne, et accepte les rendements très bas qui y sont associés. 57% d’entre eux estiment que placer son argent en actions reste difficile.

La gestion libre reste le choix par défaut des preneurs de risque

Néanmoins, la majorité de ceux qui placent une partie de leur argent sur des supports risqués agit de façon autonome. Selon une autre étude de l’AMF, plus des trois-quarts des investisseurs réfléchissent et décident seuls (42%) ou décident seuls après une discussion avec leur conseiller (34%). Il est notable que parmi les hommes interrogés, le pourcentage de “décideurs seuls”, le pourcentage atteint 51% !

Dans le langage assurantiel, il s’agit de la gestion libre, c’est-à-dire que le choix des UC inclus dans le contrat multi-support se fait par le souscripteur, qui décide des risques qu’il souhaite prendre. C’est le choix que font 6 investisseurs sur 10. 

La gestion pilotée encore minoritaire

Pourtant, il existe une alternative, pour ceux qui souhaitent se faire aider par des experts dans leurs placements. Il s’agit de la gestion déléguée ou de la gestion pilotée. Comme le terme l’indique, dans ce cas, vous déléguez la gestion de votre épargne aux équipes spécialistes d’un gestionnaire, qui la place selon votre profil de risque et les lignes directrices que vous aurez fixées ensemble. Tout en restant dans le cadre du profil déterminé, le gestionnaire a maintenant la liberté d’ajuster la composition de votre portefeuille d’investissement, selon sa lecture tactique des conditions de marché. 

La gestion pilotée : avantages et considérations

Une alternative intéressante pour les épargnants novices, émotifs ou manquant de temps

Si vous vous sentez angoissé face à l’épargne et que la finance vous paraît complexe, la gestion pilotée est un excellent moyen de viser un meilleur rendement que le livret A (tombé à 0,5% en février dernier), en déléguant le choix des placements à des experts en la matière. Elle peut se mettre en place même si vous êtes de nature averse au risque, car il existe de nombreuses alternatives “défensives” et “prudentes” dans l’univers de la gestion pilotée, pour lesquelles les gérants sont tenus d’investir votre argent dans des UC à faible risque.

Ce même discours vaut pour les épargnants qui craignent l’influence de leurs émotions qui pourrait les conduire à prendre des mauvaises décisions financières. Comme par exemple de vendre quand les marchés boursiers chahutent. Déléguer la prise de décisions d’acheter ou de vendre aux gérants professionnels via la gestion déléguée ne vous garantit pas de rentrer et de sortir du marché au moment optimal, mais vous savez que ces décisions seront prises par des professionnels de la finance, qui décident en équipe. 

Enfin, même pour ceux qui se sentent à l’aise en finance, la gestion pilotée peut avoir un sens. Car bien placer son argent, en suivre l’évolution au fil du temps, opérer des ajustements de portefeuille en fonction des changements de marché et saisir des opportunités ponctuelles prend du temps. Beaucoup de temps même.

Une flexibilité préservée

En gestion pilotée, le gestionnaire ne fait pas ce qu’il veut. Vous lui déléguez votre épargne, mais dans des conditions précises et dans un cadre strict. Cela commence par l’obligation du gestionnaire de tenir compte de votre profil de risque. Pas question d’investir uniquement dans des actions si vous lui avez indiqué être très prudent de nature. Par ailleurs, il existe des solutions pilotées qui tiennent également compte de vos convictions personnelles. Ainsi, Cashbee propose des profils Inclusion, Climat, Tech ou encore Impact, vous permettant de placer votre argent selon ces thématiques.

Il est à noter que ce n’est pas parce qu’on a choisi un profil, que l’on ne peut plus en changer. En gestion pilotée, vous pouvez parfaitement modifier votre profil, de “prudent” à “équilibré” par exemple, si votre situation personnelle ou votre appétence au risque a changé.

Par ailleurs, vous gardez la main sur votre argent et pouvez toujours abonder votre épargne, via des versements libres, ou retirer votre argent, via un rachat partiel ou total, à votre guise.

Des frais pour rémunérer le gestionnaire

Naturellement, la gestion pilotée a un coût. En effet, gérer les portefeuilles des clients en gestion déléguée exige un suivi particulier du gestionnaire, qui va faire de son mieux pour maximiser le rendement de l’épargne qui lui est confié, en l’investissant selon le profil de risque et les critères imposés par l’épargnant. Afin de rémunérer le gestionnaire pour son travail, des frais de gestion pouvant aller de 0,5% 1,5% annuels, s’ajouteront aux frais de gestion du contrat.

Marc Tempelman

Co-fondateur de Cashbee

écrit par nos amis

Marc Tempelman

Diplômé de l’ESCP, Marc a travaillé pendant plus de 20 ans chez Bank of America Merrill Lynch, pour laquelle il a notamment co-dirigé l’activité de banque commerciale et de marchés de capitaux obligataires. Basé à Londres et à New York, et focalisé sur la clientèle institutions financières, Marc est devenu un expert du financement bancaire. Il est aussi passionné de cuisine.

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