La volatilité, ou la jauge de la peur

Les marchés s'agitent en ce moment, c'est l'occasion d'expliquer le concept de la volatilité

Nous l'avions déjà abordé dans un précédent article : les marchés ne sont pas des grands fans d'épidémies, de surprises politiques et de tout autre développement qui puisse créer l'incertitude. D'autant plus qu'il n'est pas certain que l'injection de liquidités par les banques centrales suffise aujourd'hui à stopper l'hémorragie. Si l'économie se met volontairement à l'arrêt pour minimiser la propagation d’un virus, le seul moyen de la faire repartir est de mettre fin à l'épidémie.

Résultat : les bourses du monde entier s'affolent, en enregistrant pour certaines des pertes significatives la semaine dernière. Des pans entiers de l'industrie sont touchés : tourisme, transport, luxe... dont la Chine est la principale locomotive. Cette incertitude se traduit en finance par l'augmentation de la volatilité. On vous explique.

Des hauts et des bas...

Commençons par une définition un peu sèche : la volatilité est "l’ampleur des variations du prix d’un actif financier, qui permet de quantifier le risque de rendement et de variation du prix de cet actif". Formulé autrement, un actif est dit volatile si son prix varie beaucoup et fréquemment. Plus il fluctue, plus il peut être considéré comme risqué.

Ici, les deux courbes ont sensiblement la même pente moyenne mais la rouge est beaucoup plus volatile que la verte. En conséquence, investir sur un actif volatile présente un risque de perte ou de gain potentiel plus élevé. D'un jour à l'autre, le titre peut valoir beaucoup plus... ou beaucoup moins.

Illustration pratique : Tesla v. Fiat

Comparons d’un côté le fabricant d’automobiles Tesla, misant tout sur l'innovation, et de l’autre Fiat-Chrysler, un des plus grands producteurs d’automobiles au monde, bien "installé" depuis 1899 et vendant pas loin de 5 millions d'unités par an.

Un investisseur qui aurait acheté les actions de Tesla au début de l'année, aurait vu le cours de ses actions plus que doubler, de 430 à 900 dollars… Avant que l'action Tesla ne perde plus de 25% de sa valeur la semaine dernière.

L’investisseur en actions Fiat, lui, serait dans une position bien différente. Pendant que le cours de bourse de Tesla s’envolait, celui de Fiat a baissé modestement pendant les premiers mois de l’année de 13 à 12 euros environ. Mais la semaine dernière, l’action n’a perdu « que » 7%.

L'action de Telsa est aujourd'hui bien plus volatile que celle de Fiat, et selon le moment auquel on achète ou l'on vend, cela peut faire toute la différence.

La volatilité évolue dans le temps !

Mais ce qui est vrai aujourd'hui ne le sera peut-être plus demain car la volatilité d'un actif n'est pas une constante. Dans le cas d'une action d'entreprise par exemple, une période de fort investissement, d'endettement et/ou de changement de stratégie verrait la volatilité typiquement augmenter. À l'inverse, dans une phase de stabilisation des revenus accompagnée d'un effort de désendettement, le titre serait probablement plus stable.

Mais lorsque les journaux parlent de la volatilité, alors référence est faite au niveau de volatilité général du marché. Et celui-ci a fortement augmenté récemment, avec la chute brutale des cours de bourse.

La “jauge de peur”

L’indice de volatilité le plus suivi est l’indice de la bourse de Chicago, qui est appelée la « jauge de peur » par les intervenants de marché. À la fin du mois de février, cette jauge atteignait son niveau record depuis août 2015, reflétant la forte hausse de la volatilité des cours de bourse aux Etats-Unis. En une semaine, cet indice a grimpé de 22%, soit la plus forte hausse hebdomadaire depuis octobre 2008.

En d’autres termes, c’est en surveillant le niveau de l’indice de volatilité que l’on peut mesurer le degré d’incertitude et la nervosité des investisseurs. Il est clair qu’après avoir été relativement sereins au sujet du Coronavirus depuis le début de l’année, sa propagation internationale et son ampleur ont semé le doute dans l’esprit des épargnants. Ils ont été nombreux la semaine dernière à alléger leurs portefeuilles, donnant lieu à ce qui est maintenant officiellement une correction de marché, les cours de bourse ayant baissé de plus de 10%.

Marc Tempelman

Co-fondateur de Cashbee

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